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Bienvenue!

Ajouté le 14/6/2008

Bienvenue sur mon blog, voyageur du Web!

 

J'ignore de quelle contrée virtuelle tu viens, ou de quel site tu es issu, mais si tu es venu lire des époppées de Fantasy, tu es au bon endroit!

Pour toi, voyageur, j'exposerais ici mes oeuvres, encore peu evoluées, pour que tu puisses admirer mes débuts de romancier.

 

Les commentaires sont les bienvenus!

 

Merci d'avance, et bonne lecture.

 

Vous pouvez aussi visiter mes autres blogs:

- leseigneurdesmondes.centerblog.net

- romans-fantasy.overblog.com

 

Kikidmakak 

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Heroscape: Chapitre 1

Ajouté le 14/6/2008

Le ciel était noirci par les nuages, et le sol rougi par le sang des vaincus. Des débris d'armes et de machines s'ammoncelaient au milieu de la plaine où avait eu lieu le massacre.
Assis en haut de ce tas de ferraille, Drake réfléchissait. Il réfléchissait à la guerre qui venait d'éclater et qui faisait de plus en plus de morts, déchirant le monde et le plongeant dans le chaos. Cette rivalité entre tous les pays était simple: chacun avait décidé que le monde serait à lui, et tous s'étaient jetés dans la mêlée. C'était désormais la loi du plus fort qui régnait, et la bataille qui venait d'avoir lieu l'avait prouvé.
Un soldat vint le tirer de ses pensées.
-Sergent...
-Que se passe-t-il? demanda Drake.
-Nous sommes les seuls survivants.
Et alors qu'il disait cela, on pût voir apparaître les trois autres soldats qui l'accompagnait. Drake se leva, et parcourut des yeux le sol jonché de cadavres. Il vit un homme, mort les yeux ouverts, le visage figé dans une expression de terreur intense, et il prit une décision. La décision de fuir, de partir très loin, là où personne ne le reverrait jamais. Et il emménerait les soldats avec lui, car il savait qu'ils pensaient à la même chose: la fuite.
Il se retourna pour leur faire part de sa décision, et constata qu'ils n'étaient plus là. Il parcourut la plaine du regard, et les appella, mais seul le vent lui répondit. Il prit alors peur, la peur qu'ils soient partis sans lui, et surtout la peur d'être seul. Seul avec la mort autour de lui.
Il se sentit étrangement léger, sans doute se sentait-il mal. Sa vue commenca à se brouiller, et bientôt la plaine, les morts et le ciel noir disparurent, et Drake ne sentit plus le sol sous ses pieds. Il ne tombait pas, il flottait, et l'étendue de blanc où il planait s'étendait à perte de vue. Il comprit alors qu'il devait se sentir trés trés mal. C'est à ce moment qu'il tomba réellement, et le blanc devint un magnifique ciel bleu sans le moindre nuage. Le vent fouetta délicieusement son visage, et il sourit à l'idée de chuter dans une pareille trnaquilité, qui semblait si loin de la guerre.
Il apercut alors du sable sous lui, et s'y posa avec légereté, comme dans un rêve. Ses soldats étaient là, debout, et l'observait. Ils se trouvaient dans un désert qui s'étendait à perte de vue, et sur une trés haute dune, au loin, se trouvaient une énorme foule.
Il se leva et marcha, sans savoir pour quelle raison, vers la dune, arpentant le sable avec ses pieds, et le ciel avec ses yeux. Dans ce ciel se trouvaient deux planétes ayant jadis explosées l'une contre l'autre, comme un belle preuve d'amour.
Il atteignit la dune avant de se rendre compte qu'il marchait, et là, un homme l'attendait...

 

C’était quand le vent soufflait dans ce sable étrangement froid, brillant à la lumière de ce soleil invisible. C’était quand l’étranger se leva et descendit la dune pour rejoindre de nouveaux arrivants. C’était quand des centaines de créatures issues de toutes les époques et tous les mondes se rassemblèrent au centre de ce désert perdu aux confins d’un autre univers. C’était à ce moment précis que l’homme parla. Sa voix était forte et autoritaire, et elle correspondait à son physique de meneur d’hommes. Il portait une veste noire et, à la ceinture, un revolver argenté. Drake se perdit dans l’éclat de cette arme, pour finalement être ramené à la réalité par les paroles de l’homme.

-Drake ?

Ils parlaient la même langue, avec le même accent. Un américain.

-Vous me connaissez ?

-Oui, on nous a prévenus de ton arrivée. Nous pouvons partir, maintenant que tu es là.

Au-delà de son sentiment d’incompréhension, Drake ressentit une étrange impression de familiarité avec l’endroit où il se trouvait. Il oublia un instant  les questions qu’il se posait sur l’homme à l’arme argentée et se concentra sur cet étrange souvenir, comme une mémoire venant des ancêtres du monde.  Il avait l’impression d’être déjà venu, d’être né dans ce monde. Il sentait qu’il y était déjà allé, et il savait qu’il y avait forcément une part de vérité dans cette croyance.

-Qui êtes-vous ? demanda-t-il alors qu’il commençait à prendre conscience des forces mystiques qui régissaient le désert.

-C’est assez difficile à expliquer.

-Je veux des réponses, répliqua Drake.

L’homme se tut, et l’on deviner à travers ses lunettes noires qu’il regardait par-dessus l’épaule de Drake, vers le vague. Il semblait à la fois compréhensif mais autant perdu que les autres êtres qui s’interrogeaient et paniquaient sur la dune, il semblait aussi avoir parcouru plusieurs épreuves, parfois éprouvantes. Drake se rendit compte qu’ils étaient semblables tout les deux, et il en eut la certitude alors qu’il n’avait pas encore appris à le connaître. Mettant fin à sa réflexion, l’étranger se décida à parler.

-Nous sommes comme toi. Nous menions tous notre vie dans la guerre et avons été transporté ici. Chacun errant pour se retrouver sur la dune.

-Et que va-t-il se passer maintenant ?

-Quand je suis arrivé, les autres m’on dit qu’ils attendaient quelqu’un, et que nous partirions quand il serait là. Tu es arrivé, et je sais que c’est toi que nous attendions. Je le sens dans ta façon de te comporter, tu ne paniques pas et laisse tes questions de côté, comme si tu connaissais cet endroit. J’ai l’impression qu’on se ressemble.

Drake fut surpris de voir l’homme partager son sentiment. A peine demandait-il plus de précision sur l’endroit où ils allaient, toutes les créatures de la dune se mouvaient comme un seul homme vers l’horizon. Il suivit le mouvement, accompagnant l’homme qui continuait de lui parler.

-Je m’appelle Carr.

Et, comme s’il savait depuis le début qu’il avait à jamais quitté son monde, Drake déclara:

-Je viens de la Terre.

-Moi aussi, avoua Carr.

Il ramassa une épée qui se trouvait dans le sable à quelques pas de là et la brandit. Elle était gigantesque.

-Et voici ce que m’a offert Erland à mon arrivée ici.

-Erland ?

-Celui qui nous a accueillis quand nous sommes venus. Il sait où nous allons.

 

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Heroscape: Chapitre 2

Ajouté le 15/6/2008

Le temps se dégradait. Les nuages venaient, de plus en plus nombreux, comme attirés par la cité qui palpitait d’activité en bas, près à masquer les étoiles de la nuit qui viendrait. Déjà le soleil déclinait, inexorablement vers les montagnes, changeant d’humeur, son pelage de feu devenant cramoisi. La vue de ce soleil décadent donnait à Raelin l’envie de s’envoler et de tirer l’étoile vers le haut, pour que le jour dure toujours, et qu’enfin son angoisse du noir disparaisse. Debout au balcon du palais, elle se rappela les paroles que lui avait adressées un vieil ami : « Je préfère la nuit, elle est plus sombre, mais plus paisible. Elle est source de peur pour toi, mais de réconfort pour moi ».

-Tu penses encore à Runa, n’est-ce pas ? demanda une voix derrière elle.

Elle se retourna et aperçut son mentor, Kelda. Celle qui l’avait élevée.

-Je me rends compte seulement maintenant qu’il avait raison. Je ne dois pas avoir peur des ténèbres.

-Pourtant, c’est toujours le cas.

Elle hésita avant de répondre.

-Oui.

-Runa est parti sur le mauvais chemin.

-Il a changé de motivation, c’est tout, répliqua Raelin avec un air de mélancolie dans la voix. Il n’y a pas de droit chemin.

-Tu as raison, tu as bien appris.

Raelin se reprit à contempler le soleil qui disparaissait et la nuit qui gagnait du terrain sur lui. Il embrasait l’océan, laissant de petites lanternes nichées au creux des vagues. Les premières étoiles faisaient leur apparition à l’Est. Une belle nuit qui arrivait.

-Assez parlé de Runa, trancha Raelin. Pourquoi viens-tu me voir ?

-Erland est en route.

-En route ? Il est parti depuis hier.

-En route, sur le chemin du retour.

Raelin sentit un malaise étrange se rajouter à son angoisse nocturne. Erland revenait…Avec les guerriers.

-Il sera là demain. Je t’ais désignée, tu devras toi aussi les entraîner.

-Combien seront-ils ?

-Deux mille. Peut-être plus.

Le dernier rayon de soleil s’amenuisait, et quand l’astre du jour eut totalement disparu sous les eaux, Raelin sauta du balcon. Elle étendit ses ailes et ralentit sa chute, puis se posa avec légèreté dans la cour, suivie de Kelda.

-Tu as des pieds pour marcher, lui dit-elle.

-Mais j’ai aussi des ailes pour voler.

 

 Dans ce désert qui s’étendait en un océan de sable brûlant jusqu’à des distances où l’œil ne pouvait voir, une foule se déplaçait, inlassablement. Guidée par un homme habillé d’une robe orangée aux motifs mauves, une paire d’ailes blanches dans le dos.

-C’est donc lui Erland ? demanda Drake avec un air soupçonneux.

-Oui, il est arrivé ce matin, il a dit qu’il allait nous amener dans un autre endroit, meilleur, concéda Carr, toujours à ses côtés.

-Je l’espère bien, rien n’es pire qu’ici.

Les soldats accompagnaient toujours, éparpillés dans la foule. Lui avait marché avec Carr toute la journée, lui racontant sa vie et ce qu’elle lui avait appris. Il avait parlé de son pays déchiré par la guerre, et Carr avait simplement répondu : « Pas chez moi ». Celui était d’ailleurs toujours très silencieux, et se fermait dés qu’il s’agissait de parler de son passé. Il ne confiait que ce qu’il savait sur Erland et le désert où ils marchaient. Drake avait donc appris que ce « monde » n’était ni une autre planète, ni un autre temps. Juste un endroit entre les mondes, ailleurs. Un endroit où, selon Erland, tout être passait avant de naître. Celui-ci était aussi mystérieux que le lieu où il les emmenait. Il ressemblait à un prêtre d’on-ne-sait-quelle religion, avec sa robe de feu, mais quand Drake avait aperçu son visage jeune et paisible, il y avait lu de la sagesse et, peut-être, de la magie. Déjà la foule s’arrêtait, et Erland levait les mains vers le ciel. Il se passa alors une chose qui dépassait tout ce que Drake aurait pu imaginer. Comme après la bataille, le paysage s’estompa, et les teintes dorées du désert disparurent pour laisser place à ce qu’y ressemblait à un jardin. Les plantes grimpaient sur les colonnes et murs, et l’odeur de roses revigora les égarés. Trois autres êtres ailés attendaient, regardant les créatures émerger de l’autre réalité l’une après l’autre. Erland observa chacun des êtres. Il s’inclina et Drake put l’entendre parler.

-J’ai accompli ma mission.

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Ezariel, Chapitre 1

Ajouté le 15/6/2008

Le coucher de soleil était mauve. Un mauve tirant sur le bleu et parsemé de teintes roses. A ce stade de la journée, le soleil ne faisait pas mal aux yeux, il projetait juste une agréable sensation d’apaisement qui faisait oublier la solitude lorsqu’on le regardait. C’est pour cette raison que le cavalier du désert chevauchait sans cesse vers ce soleil, avec toujours la même envie de l’attraper, de le tenir dans ses mains pour les réchauffer, et, parfois, quand il se sentait basculer lentement vers la folie, l’envie de l’écraser entre ses doigts.
Alors que le globe orangé disparaissait derrière les montagnes pour se lever à l’autre bout du monde, le cavalier sentit sa monture faiblir. Il l’arrêta et se prépara pour la nuit. Il se coucha sur le sable encore brûlant sans se préoccuper du martèlement de la chaleur sur sa peau. Il avait l’habitude d’avoir chaud.
Il bascula lentement dans le sommeil, pour finalement fermer les yeux sur la vue des étoiles scintillant par milliards dans le ciel noir et, à l’Est, l’énorme Lune Rouge qui le scrutait comme un oeil céleste.
Il avait l’habitude d’avoir chaud. Il bascula lentement dans le sommeil, pour finalement fermer les yeux sur la vue des étoiles scintillant par milliards dans le ciel noir et, à l’Est, l’énorme Lune Rouge qui le scrutait comme un oeil céleste.
Il rêva.
Et...
Il se souvint.
                                                           ......

Janiriel entra dans le hall du palais avec une expression de fureur sur le visage. Tous les visages de citoyens et de paladins présents se tournèrent vers lui, son aura ayant embrasé toute la pièce d’un incendie spirituel. Il parcourut la foule des yeux un long moment, plissant les yeux sur chaque visage pour le reconnaître.
Il s’arrêta au bout d’un long moment sur les iris rouges de Ezariel, qui soutenaient son regard. Il poussa un cri de rage et se dirigea vers son ravisseur pour lui administrer une bonne correction. Il se campa devant le jeune homme aux cheveux blancs et aux yeux écarlates et l’agrippa par le col.
- Qu’as-tu fait? Demanda-t-il.
- Vous avez une plume dans les cheveux, maître, répondit Ezariel avec un air indifférent sur le visage.
-Une plume? Bien sûr qu’il y a une plume! Mon lit a été recouverts d’oiseaux morts! Rugit le paladin furieux. Qu’ais-je donc fait cette fois pour mériter de dormir avec des cadavres de volatiles?
-Vous pensez que c’est moi qui aurait pu faire cette plaisanterie idiote? Grogna le jeune apprenti de quinze ans avec un air de défi dans le regard.
-Bien sûr que c’est toi! Je t’ai ordonné de me chasser un oiseau et de me le ramener comme punition, et toi, avec ton sale caractère, tu n’as pas pu t’empêcher de me défier!
Janiriel leva son poing vers l’adolescent qui ne bougea pas d’un pouce. Ezariel se souvenait effectivement avoir eu cette punition totalement injuste, mais jamais il n’aurait été assez idiot pour répondre cette manière aux ordres irréfléchis de son maître.
-Vous savez que ça n’est pas mon genre, maître, rétorqua donc l’apprenti avec un sourire moqueur.
Janiriel jeta son disciple au sol et abattit son poing. Ezariel se releva de justesse et la main de son maître émit un craquement en heurtant le sol. Le paladin poussa un hurlement de douleur en levant sa main broyée tandis que son élève se relevait et époussetait ses vêtements.
-Vous avez mal, maître? S’enquit-il.
-Bien sûr que j’ai mal! Rugit Janiriel avec fureur. Que l’on m’apporte un guérisseur!
Alors que toute la cour du palais s’affairait autour de son maître, Ezariel s’éclipsa. Il grimpa les marches de l’escalier principal d’un démarche lente tout en se plongeant dans ses pensées. Cela faisait des années que tout le monde, et surtout son maître, le rejetait. Il pensait s’être habitué à être privé de tout, mais ça n’était pas le cas...
Il sentait toujours cette infinie mélancolie se déverser dans son coeur. Il marcha dans le couloir jusqu’à sa chambre et s’arrêta devant la porte. Il se retourna et se pencha au balcon, regardant le soleil se coucher. Les nuages se coloraient des teintes de l’Orient et les plaines au-delà des murailles de la ville s’assombrissaient progressivement.
« Un jour, je parcourrai ces étendues vertes à pieds, l’épée dans le dos, et la liberté devant moi. » pensa-t-il.

                                                            .........

Il ouvrit les yeux et regarda le ciel. Du bleu, à l’infini. La nuit était devenue jour, et le noir parsemé de points de lumière était devenu bleu. Tout était en ordre, et l’ordre des choses était toujours le même, comme chaque matin depuis la création de ce monde. Rien ne changeait, les rois gouvernaient toujours; les paysans travaillaient toujours; les pillards pillaient toujours; et Ezariel errait toujours de part le monde.
Il se leva et vit son cheval qui, déjà réveillé bien avant lui, l’attendait. Il mangea donc un morceau de pain et se mit en route, filant comme la foudre avec son étalon, dans l’espoir de voir un jour autre chose que du sable. Et c’est ainsi, en allant toujours plus vite, le sable écrasé sous les sabots du cheval, une traînée de poussière derrière eux, qu’ils passèrent leur journée. Ils montèrent les dunes orangées puis les descendirent pour refaire le même chemin sur d’autres, et sur d’autres, et sur d’autres... Les yeux rouges de Ezariel scrutant toujours l’horizon dentelée des montagnes, inlassablement.
Il se rappela son rêve de la nuit, et tous les souvenirs qu’il avait provoqué à son réveil. Beaucoup de morceaux de son passé explosèrent dans son esprit alors qu’il chevauchait vers les montagnes. Lui enfant, perché sur un arbre, rêvant de liberté dans le ciel bleu, et au-delà, lui trahissant les siens après des années d’intolérance, lui exprimant sa haine sur son propre maître, le frappant et le frappant et le frappant...
Déjà la nuit tombait, et le désert faisait graduellement place à la verdure, la température baissait, et des nuages blancs arrivaient dans sa direction, annonçant l’arrivée d’une tempête pour le lendemain. Il s’approchait des montagnes, et se sentit enfin soulagé d’avoir quitté cet enfer de sable infini.
Il était arrivé dans ce désert trois semaines plus tôt, et avait appris à apprécier ma chaleur qu’il envoyait, le bruissement du sable et son envol grâce au vent, le silence... Mais il avait aussi rapidement appris à le détester, car il avait tourné en rond des jours durant, ses vivres diminuant à vus d’oeil, il se sentait gagné par la folie à chaque jour qui passait. A chaque que l’envie lui prenait de fermer l’oeil, il se souvenait des bruits incessants des cités, des mouvements qu’ils ressentait dans les auberges insalubres. Comparés au silence qui régnait dans « l’étendue dorée », telle qu’il l’appelait, l’air de la civilisation était comme un paradis. Il avait apprécié les premiers jours, où il avait pu méditer et penser à son passé et au futur qu’il engendrerait, mais cela devenait rapidement insupportable.
Arrivant prés d’une forêt, il se délecta des bruissements de feuilles ainsi que du chant des oiseaux. A chaque arbre, de la vie sommeillait, et parfois se réveillait pour accomplir la tâche que la nature lui avait donnée...
Laissant son cheval avancer au hasard, Ezariel s’abandonna aux sensations qui se déchaînaient en lui et s’assoupit.

........

N’as tu donc pas assez dormi cette nuit? Ou as-tu simplement trop voyagé aujourd’hui?
Que... Qui est là?
Aucune importance. Je te repose la question: n’as-tu pas assez dormi pour que tu te laisse aller dans ce bois et baisse ta garde? Tu n’es plus dans le désert où seuls les scorpions et vautours vivent, ici, c’est la forêt, et un voyageur mal intentionnée est peut-être en train de te voler.
De quoi parles-tu? Je ne dors pas.
Tu dors.
Non.
Je te le dis et redis: tu dors.
Non! Tu le vois bien. Je suis sur mon cheval et...
Tu n’es pas à cheval.
...
Tu comprends maintenant? Tu ne vois pas, tu ne sens pas, et tu ne m’entends pas, tu sais juste ce que je te dit.
Qui est-tu et que se passe-t-il?
Allons, Ezariel... Tu sais parfaitement bien qui je suis. Je suis ton instinct, je suis ta conscience et celui qui te dicte tes actes, celui qui as fait en sorte que tu ne fasses jamais d’erreurs.
Je... Je me souviens de toi. C’est toi qui m’as ordonné de quitter Aakis, il y a sept ans.
Et tu n’iras pas me dire que c’était une erreur, n’est-ce pas? C’était même une bonne idée, Regarde tout le chemin que tu as fait depuis.
Je suis toujours un vagabond, rien n’a changé.
Mais tes pouvoirs ont décuplé, et tu peux maintenant agir comme tu le souhaite.
D’accord. Tu as raison, mais même si j’ai pu me détacher de Janiriel et des autres paladins, je n’ai jamais pu satisfaire mon ambition.
Tu as encore du temps devant toi, Ezariel. Et ce rêve est jeune lui aussi, il lui faut encore du temps pour fleurir, s’étoffer, devenir grand pour finalement se réaliser un jour. Tu te souviens du jour où tu as pris cette décision, Ezariel? Tu avait dix ans à peine. Ton frère venait de partir pour ne jamais revenir, mais tu n’en savais rien, tu était juste perché en haut de cet arbre, entouré de branches et de feuilles, adossé au tronc. Tu regardais le ciel. C’est pour moi comme si c’était hier. Tu étais persuadé qu’il y avait un autre monde, caché derrière le bleu du ciel, seulement visible la nuit. Des îles flottantes, qui brillait dans l’obscurité, les gens pensaient que ça n’était que des étoiles, mais toi, tu étais convaincu que c’était des idées qui reflétaient la lumière du soleil. Tu as eu alors le fol espoir qu’un jour, tu changerais le monde, tu le ferais se transformer en une civilisation aussi pure et lumineuse que le Monde d’En Haut, tel que tu l’appelais. Tu t’en souviens?
...
Ezariel?
Oui. Je m’en souviens.
Cela a-t-il encore de l’importance pour toi? Est-ce que tu penses encore pouvoir un jour modifier le cours des choses?
Je... Non.
Tu devrais, tu en as le pouvoir. Et c’est toujours ton rêve, je le sens. Atteindre le paradis, rendre les hommes nobles sans l’être toi-même, éliminer la violence, pouvoir oublier tes péchés...
Pourquoi viens tu me parler?
Pour te rappeler à l’ordre. Ton devoir est d’atteindre le sommets de notre monde et d’être digne de ton rôle, tu le sais, non? Pourtant tu n’as rien fait ces dernières années. Tu as erré de part le monde, étudiant des arts oubliés depuis longtemps. Tu as le pouvoir de renverser le Bien et le Mal, de faire vivre un monde où anarchie et idylle sont des synonymes. Tu le sais, non?
Je le sais. J’ai juste voulu trouver du pouvoir pendant ces sept dernières années, rien d’autre.
Tu n’as rien appris.
Je suis plus fort que n’importe qui!
Prouve-le.

.......

Ezariel ouvrit les yeux, et vit les arbres défiler devant lui. La discussion avec son alter ego semblait avoir duré des heures, mais il savait que son sommeil n’avait duré qu’une seconde. Il leva la tête, et contempla la lumière du soleil qui dansait au rythme des feuilles. En observant le paysage, il apprit qu’il s’approchait des montagnes. Il tendit l’oreille et entendit, au-delà de bruits de la forêt, des pas, qui se rapprochaient. Un Kabir, de grande taille et de sexe masculin, armé d’une épée et d’un arc, sans pouvoir magique. Il arriva devant Ezariel juste après que celui-ci ait fait son analyse et s’arrêta, scrutant le voyageur d’un oeil curieux. Il porta la main à son épée. Ezariel sut qu’il allait devoir entamer un dialogue...

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Demon Soul: Prologue au clair de lune

Ajouté le 2/9/2008

    La nuit constellée d’étoiles et la clarté de la lune à son zénith dessinaient une ombre élancée dans l’église en ruines. Les pierres qui jonchaient le sol, vestiges des colonnes ayant soutenu le toit maintenant disparu de l’édifice, restaient impassible alors que l’homme debout devant l’autel se récitait une nouvelle fois la légende à laquelle il avait consacré sa vie.
    Le récital s’interrompit lorsque la porte s’ouvrit à l’autre bout de la pièce. Un homme encapuchonné entra, un sabre attaché dans le dos et un long et fin paquet en main. La silhouette face à l’autel reprit sa mélopée.
-Alors arrivera un homme pour le porter, et le démon renaîtra à travers lui, pervertissant lentement son esprit et prenant peu à peu possession de son corps pour terminer le travail qu’il avait débuté des siècles plus tôt...
    Le nouveau venu en leva son manteau et le jeta nonchalamment par terre avant de s’approcher de l’étrange prophète. Il avait la peau pâle et de minces et malicieux yeux bleus, encadrés par de longs cheveux de feu attachés au niveau de la nuque et tombant sur sa taille. Ses pas résonnaient sur le vieux plancher pourri, évitent les restes de statues religieuses dispersées ça et là sur le sol.
-J’ai ce que vous m’avez demandé.
    L’autre se retourna. C’était un homme au teint hâlé, imberbe, et aux iris brillant intensément d’une lueur dorée. Une cicatrice en croissant entourait son oeil droit. Il était vêtu de simples pantalon et bottes noirs et d’une tunique blanche à large col ouvert sur la poitrine, laissant apparaître un tatouage en forme de soleil sur son coeur.
-Donne-le moi, ordonna-t-il de sa voix puissante et autoritaire.
-Quand vous m’aurez payé, répondit l’autre.
    Ses prunelles bleues marine rencontrèrent les yeux d’or de son employeur. Un frisson le parcourut.
-Je te paierai quand je serais sûr que c’est l’authentique.
    L’homme aux cheveux rouges soupira, autant par peur inavouable que par agacement, et enleva les étoffes mauves qui recouvraient l’objet, dévoilant ainsi un katana anormalement long rangé dans fourreau violet. L’arme devait faire à peu prés un mètre vingt et semblaient parcourue de colériques palpitations, comme si un être enfermé à l’intérieur exprimait son besoin d’évasion. Le prophète aux yeux dorés tendit la main vers le sabre pour l’attraper.
-Je vous conseille de faire très attention à cette arme, conseilla le mercenaire aux cheveux rouges, interrompant ainsi son employeur dans son mouvement. Je n’ai eu aucun mal à la voler, mais quand je l’ai touchée, j’ai cru que mon cerveau se consumait. Il y a quelque chose de maléfique dans ce sabre.
    Son mandant hésita. Il tentait de masquer la peur naissant en lui, le faisant suer de tout son corps. Sa main tremblait, figée à quelque centimètres du katana. Il inspira profondément, puis chassa sa peur superstitieuse et attrapa la poignée du sabre.
    Il ressentit instantanément une décharge électrique qui raidit tous ses muscles, et la vision furtive d’une silhouette aux milieux des flammes acheva de le pétrifier. Un spasme musculaire à son bras fit bouger sa main, et la lame sortit de dix centimètres du fourreau. Il regarda le reflet dans la lame. Il aurait dû voir ses yeux, mais à la place se trouvaient deux prunelles écarlates entourant deux pupilles verticales.
    Un cri déchira le calme de l’église aussi aisément que ce sabre pouvait trancher les membres. Le mercenaire recula, laissant tomber l’arme. Il regarda celui qui l’avait engagé tomber à genoux en se tenant la tête dans les mains. Le cerveau qui se consumait de l’intérieur...
    Il ferma les yeux, refusant d’assister à cette terrifiante manifestation démoniaque. Il ne les rouvrit que quand il entendit la « victime » haleter, recroquevillée sur le sol.
-Vous êtes content? demanda-t-il en essayant de reprendre son habituel air arrogant. Maintenant que vous êtes sûr que ce sabre est vraiment votre «Âme », payez-moi et retournez à vos rituels!
    En vérité, il se moquait bien de sa prime, à présent. Tout ce qui l’importait, c’était de pouvoir déguerpir au plus vite.
-Tu l’as trouvé, chuchota la voix maintenant calme du mandant. Je dois le détruire.
    Il se leva doucement, l’arme à la main, et se dirigea vers l’autel.  Le mercenaire hésitait entre partir et rester. Il vit son employeur poser l’objet sur l’autel et le cesser du bout de doigts.
-Je dois le détruire, annonça-t-il.
    Il leva sa main droite vers le ciel étoilé, et sa paume se mit à luire. Il regarda la lune qui semblait l’observer, puis baissa les vers le sabre. Il poussa un cri de stupeur et écarquilla les yeux en voyant le katana et son fourreau entourée d’un étrange et fluide brouillard rouge.
-La magie du Démon! hurla-t-il. Il faut réduire le réduire à néant maintenant!
    Une lueur de démence brillait dans ses yeux. Le brouillard rouge se mit à tournoyer dans la pièce. Il abattit sa main sur l’arme. Une lueur dorée inonda la pièce, noyant dans son sillage d’or la brume cramoisie émanant du sabre. Quand les ténèbres revinrent, la sabre avait disparu.
-Je n’ai pas réussi à le détruire, dit une voix. Il a trouvé son maître.
    Le mercenaire recula vers la porte en chancelant. Il jeta un regard interrogateur au prophète accroupi dans un coin sombre de la pièce.
-Son maître et son esclave. Son bourreau et sa victime. Nous allons tous mourir...
    Il sanglotait. Sa silhouette évoquait une créature de la nuit tapie dans une caverne en attendant la tombée du jour. Le mercenaire aux cheveux cramoisis se dit finalement qu’il pouvait patienter avant d’être payé. Il ouvrit la porte de l’église et partit en courant, ignorant le regard doré empli de démence qui était dirigé vers lui.

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