Blog

 Heroscape: Chapitre 1

14/6/2008

Le ciel était noirci par les nuages, et le sol rougi par le sang des vaincus. Des débris d'armes et de machines s'ammoncelaient au milieu de la plaine où avait eu lieu le massacre.
Assis en haut de ce tas de ferraille, Drake réfléchissait. Il réfléchissait à la guerre qui venait d'éclater et qui faisait de plus en plus de morts, déchirant le monde et le plongeant dans le chaos. Cette rivalité entre tous les pays était simple: chacun avait décidé que le monde serait à lui, et tous s'étaient jetés dans la mêlée. C'était désormais la loi du plus fort qui régnait, et la bataille qui venait d'avoir lieu l'avait prouvé.
Un soldat vint le tirer de ses pensées.
-Sergent...
-Que se passe-t-il? demanda Drake.
-Nous sommes les seuls survivants.
Et alors qu'il disait cela, on pût voir apparaître les trois autres soldats qui l'accompagnait. Drake se leva, et parcourut des yeux le sol jonché de cadavres. Il vit un homme, mort les yeux ouverts, le visage figé dans une expression de terreur intense, et il prit une décision. La décision de fuir, de partir très loin, là où personne ne le reverrait jamais. Et il emménerait les soldats avec lui, car il savait qu'ils pensaient à la même chose: la fuite.
Il se retourna pour leur faire part de sa décision, et constata qu'ils n'étaient plus là. Il parcourut la plaine du regard, et les appella, mais seul le vent lui répondit. Il prit alors peur, la peur qu'ils soient partis sans lui, et surtout la peur d'être seul. Seul avec la mort autour de lui.
Il se sentit étrangement léger, sans doute se sentait-il mal. Sa vue commenca à se brouiller, et bientôt la plaine, les morts et le ciel noir disparurent, et Drake ne sentit plus le sol sous ses pieds. Il ne tombait pas, il flottait, et l'étendue de blanc où il planait s'étendait à perte de vue. Il comprit alors qu'il devait se sentir trés trés mal. C'est à ce moment qu'il tomba réellement, et le blanc devint un magnifique ciel bleu sans le moindre nuage. Le vent fouetta délicieusement son visage, et il sourit à l'idée de chuter dans une pareille trnaquilité, qui semblait si loin de la guerre.
Il apercut alors du sable sous lui, et s'y posa avec légereté, comme dans un rêve. Ses soldats étaient là, debout, et l'observait. Ils se trouvaient dans un désert qui s'étendait à perte de vue, et sur une trés haute dune, au loin, se trouvaient une énorme foule.
Il se leva et marcha, sans savoir pour quelle raison, vers la dune, arpentant le sable avec ses pieds, et le ciel avec ses yeux. Dans ce ciel se trouvaient deux planétes ayant jadis explosées l'une contre l'autre, comme un belle preuve d'amour.
Il atteignit la dune avant de se rendre compte qu'il marchait, et là, un homme l'attendait...

 

C’était quand le vent soufflait dans ce sable étrangement froid, brillant à la lumière de ce soleil invisible. C’était quand l’étranger se leva et descendit la dune pour rejoindre de nouveaux arrivants. C’était quand des centaines de créatures issues de toutes les époques et tous les mondes se rassemblèrent au centre de ce désert perdu aux confins d’un autre univers. C’était à ce moment précis que l’homme parla. Sa voix était forte et autoritaire, et elle correspondait à son physique de meneur d’hommes. Il portait une veste noire et, à la ceinture, un revolver argenté. Drake se perdit dans l’éclat de cette arme, pour finalement être ramené à la réalité par les paroles de l’homme.

-Drake ?

Ils parlaient la même langue, avec le même accent. Un américain.

-Vous me connaissez ?

-Oui, on nous a prévenus de ton arrivée. Nous pouvons partir, maintenant que tu es là.

Au-delà de son sentiment d’incompréhension, Drake ressentit une étrange impression de familiarité avec l’endroit où il se trouvait. Il oublia un instant  les questions qu’il se posait sur l’homme à l’arme argentée et se concentra sur cet étrange souvenir, comme une mémoire venant des ancêtres du monde.  Il avait l’impression d’être déjà venu, d’être né dans ce monde. Il sentait qu’il y était déjà allé, et il savait qu’il y avait forcément une part de vérité dans cette croyance.

-Qui êtes-vous ? demanda-t-il alors qu’il commençait à prendre conscience des forces mystiques qui régissaient le désert.

-C’est assez difficile à expliquer.

-Je veux des réponses, répliqua Drake.

L’homme se tut, et l’on deviner à travers ses lunettes noires qu’il regardait par-dessus l’épaule de Drake, vers le vague. Il semblait à la fois compréhensif mais autant perdu que les autres êtres qui s’interrogeaient et paniquaient sur la dune, il semblait aussi avoir parcouru plusieurs épreuves, parfois éprouvantes. Drake se rendit compte qu’ils étaient semblables tout les deux, et il en eut la certitude alors qu’il n’avait pas encore appris à le connaître. Mettant fin à sa réflexion, l’étranger se décida à parler.

-Nous sommes comme toi. Nous menions tous notre vie dans la guerre et avons été transporté ici. Chacun errant pour se retrouver sur la dune.

-Et que va-t-il se passer maintenant ?

-Quand je suis arrivé, les autres m’on dit qu’ils attendaient quelqu’un, et que nous partirions quand il serait là. Tu es arrivé, et je sais que c’est toi que nous attendions. Je le sens dans ta façon de te comporter, tu ne paniques pas et laisse tes questions de côté, comme si tu connaissais cet endroit. J’ai l’impression qu’on se ressemble.

Drake fut surpris de voir l’homme partager son sentiment. A peine demandait-il plus de précision sur l’endroit où ils allaient, toutes les créatures de la dune se mouvaient comme un seul homme vers l’horizon. Il suivit le mouvement, accompagnant l’homme qui continuait de lui parler.

-Je m’appelle Carr.

Et, comme s’il savait depuis le début qu’il avait à jamais quitté son monde, Drake déclara:

-Je viens de la Terre.

-Moi aussi, avoua Carr.

Il ramassa une épée qui se trouvait dans le sable à quelques pas de là et la brandit. Elle était gigantesque.

-Et voici ce que m’a offert Erland à mon arrivée ici.

-Erland ?

-Celui qui nous a accueillis quand nous sommes venus. Il sait où nous allons.

 

Tags :

Catégorie : HeroScape

 Heroscape: Chapitre 2

15/6/2008

Le temps se dégradait. Les nuages venaient, de plus en plus nombreux, comme attirés par la cité qui palpitait d’activité en bas, près à masquer les étoiles de la nuit qui viendrait. Déjà le soleil déclinait, inexorablement vers les montagnes, changeant d’humeur, son pelage de feu devenant cramoisi. La vue de ce soleil décadent donnait à Raelin l’envie de s’envoler et de tirer l’étoile vers le haut, pour que le jour dure toujours, et qu’enfin son angoisse du noir disparaisse. Debout au balcon du palais, elle se rappela les paroles que lui avait adressées un vieil ami : « Je préfère la nuit, elle est plus sombre, mais plus paisible. Elle est source de peur pour toi, mais de réconfort pour moi ».

-Tu penses encore à Runa, n’est-ce pas ? demanda une voix derrière elle.

Elle se retourna et aperçut son mentor, Kelda. Celle qui l’avait élevée.

-Je me rends compte seulement maintenant qu’il avait raison. Je ne dois pas avoir peur des ténèbres.

-Pourtant, c’est toujours le cas.

Elle hésita avant de répondre.

-Oui.

-Runa est parti sur le mauvais chemin.

-Il a changé de motivation, c’est tout, répliqua Raelin avec un air de mélancolie dans la voix. Il n’y a pas de droit chemin.

-Tu as raison, tu as bien appris.

Raelin se reprit à contempler le soleil qui disparaissait et la nuit qui gagnait du terrain sur lui. Il embrasait l’océan, laissant de petites lanternes nichées au creux des vagues. Les premières étoiles faisaient leur apparition à l’Est. Une belle nuit qui arrivait.

-Assez parlé de Runa, trancha Raelin. Pourquoi viens-tu me voir ?

-Erland est en route.

-En route ? Il est parti depuis hier.

-En route, sur le chemin du retour.

Raelin sentit un malaise étrange se rajouter à son angoisse nocturne. Erland revenait…Avec les guerriers.

-Il sera là demain. Je t’ais désignée, tu devras toi aussi les entraîner.

-Combien seront-ils ?

-Deux mille. Peut-être plus.

Le dernier rayon de soleil s’amenuisait, et quand l’astre du jour eut totalement disparu sous les eaux, Raelin sauta du balcon. Elle étendit ses ailes et ralentit sa chute, puis se posa avec légèreté dans la cour, suivie de Kelda.

-Tu as des pieds pour marcher, lui dit-elle.

-Mais j’ai aussi des ailes pour voler.

 

 Dans ce désert qui s’étendait en un océan de sable brûlant jusqu’à des distances où l’œil ne pouvait voir, une foule se déplaçait, inlassablement. Guidée par un homme habillé d’une robe orangée aux motifs mauves, une paire d’ailes blanches dans le dos.

-C’est donc lui Erland ? demanda Drake avec un air soupçonneux.

-Oui, il est arrivé ce matin, il a dit qu’il allait nous amener dans un autre endroit, meilleur, concéda Carr, toujours à ses côtés.

-Je l’espère bien, rien n’es pire qu’ici.

Les soldats accompagnaient toujours, éparpillés dans la foule. Lui avait marché avec Carr toute la journée, lui racontant sa vie et ce qu’elle lui avait appris. Il avait parlé de son pays déchiré par la guerre, et Carr avait simplement répondu : « Pas chez moi ». Celui était d’ailleurs toujours très silencieux, et se fermait dés qu’il s’agissait de parler de son passé. Il ne confiait que ce qu’il savait sur Erland et le désert où ils marchaient. Drake avait donc appris que ce « monde » n’était ni une autre planète, ni un autre temps. Juste un endroit entre les mondes, ailleurs. Un endroit où, selon Erland, tout être passait avant de naître. Celui-ci était aussi mystérieux que le lieu où il les emmenait. Il ressemblait à un prêtre d’on-ne-sait-quelle religion, avec sa robe de feu, mais quand Drake avait aperçu son visage jeune et paisible, il y avait lu de la sagesse et, peut-être, de la magie. Déjà la foule s’arrêtait, et Erland levait les mains vers le ciel. Il se passa alors une chose qui dépassait tout ce que Drake aurait pu imaginer. Comme après la bataille, le paysage s’estompa, et les teintes dorées du désert disparurent pour laisser place à ce qu’y ressemblait à un jardin. Les plantes grimpaient sur les colonnes et murs, et l’odeur de roses revigora les égarés. Trois autres êtres ailés attendaient, regardant les créatures émerger de l’autre réalité l’une après l’autre. Erland observa chacun des êtres. Il s’inclina et Drake put l’entendre parler.

-J’ai accompli ma mission.

Tags :

Catégorie : HeroScape
Créer un blog | Liens : Fonds d'écran gratuits | Jenifer |  Contacter l'auteur