Ezariel, Chapitre 2
2/9/2008
Il portait un long manteau noir, et sa tête était dissimulée sous son capuchon. Seuls ses deux yeux jaunes, signe distinctif des Kabirs, étaient visibles, luisant tels deux pépites dor dans lombre. Lépée quil portait au côté avait le symbole des mercenaires gravé sur la garde. Déjà la lame sortait du fourreau avec un bruit métallique, et reflétait le soleil couchant en des rayons chromés projetés sur les arbres. Ezariel aperçut dans les deux globes dorés de lindividu une pâle flamme, dune pureté quon ne voit pas chez les hommes de cette race. Qui était-il? Il se concentra, et alors que linconnu marchait vers lui avec son arme à la main, il pénétra son esprit.
*****
Il se tenait debout, son visage pâle et enfantin levé vers le haut. Une étrange lumière blanche éclairait ses yeux de sang, les transformant en deux orbes fruités. Des plumes de colombe se posaient doucement sur son visage, glissant dans lair, comme émanant de la lueur venant du haut. Il regarda autour de lui. Le sol était pavé et jonché de feuilles dautomne. Non loin de là, un arbre dOrient. Les fleurs aux teintes roses qui lhabillait ondulait aux rythme dun vent léger. Le contraste entre les feuilles sur le sol et les fleurs dans larbre tira un sourire dadmiration à Ezariel. Où était-il? Assis aux pieds de larbre, comme endormi à lombre des branches, un Ange. Ses cheveux blonds tombaient sur son visage et ses ailes blanches sétendaient de chaque côté de son corps et caressaient le tronc de larbre, comme pour le protéger. Deux yeux bleus ensommeillés souvrirent, et regardèrent par-dessus lépaule dEzariel. Celui-ci regarda derrière lui, et vit une femme aux cheveux de jais. Elle le dépassa et savança vers lAnge qui se leva. On pouvait sentir le réconfort sur son visage, et Ezariel crut reconnaître la jeune femme.-Retrouve-le, fit-elle. Il est en grand danger.-Je ferais nimporte quoi pour vous, ma dame, répondit lautre. Mais je doute quil apprécie les Anges.-Dissimulez-vous, ou faites appel à quelque autre subterfuge que ce soit.Puis le lien spirituel se rompit, et Ezariel revint dans la forêt.*****
Une voix forte lâcha une parole, qui alla résonner dans la forêt.
-Ezariel le Nécromancien.
Linterpellé leva les yeux.
-Oui.
-Je suis Raikan ElKabir. Je vous cherchais.
-Vous me cherchiez?
-Oui, jai besoin de vos dons de guérisseur. Cela vous étonne?
-Que vous me cherchiez ne mimpressionne, mais que vous mayez trouvé, si, dit Ezariel avec un sourire. Vous mavez reconnu.
-Il y a peu dhommes aux cheveux blancs et aux yeux rouges qui sortent de ce désert interminable. Suivez-moi, jai de leau au campement.
-Au campement?
Raïkan ne répondit pas et serpenta entre les arbres avant de disparaître à la vue dEzariel. Le Nécromancien considéra sa gourde, vide, et son sac, seulement rempli dair. Il décida de suivre linconnu, découter sa requête et daviser après. Après tout, si lhomme avait besoin de lui, il pourrait très bien encore allonger son voyage, mais pas sans un paiement respectable. Il rattrapa Raïkan, qui admirait les courbes crispées des arbres.
-Vous savez, dit-il à Ezariel quand celui-ci arriva à sa vue, les plantes ont lair dêtre disposées ça et là dans la forêt, mais il nen est rien. Tout à été créé pour avoir un rôle. Comprenez-vous?
-Je sais tout ça. Vous oubliez qui je suis. Que voulez-vous de moi?
-On a besoin de vous à Daïrafélis. Une épidémie décime la cité, et la situation est critique. Les émeutes se multiplient et le roi est à bout.
Lhistoire se corsait. Ezariel navait aucune envie de faire route jusquà Daïrafélis. Les épidémies étaient courantes au Royaumes Rouges, et elles disparaissaient en général delles-mêmes.
-Cest non. Jai une longue route à faire et je...
Raïkan lagrippa par le bras et le tira vers lui.
-La mort vous attend là où vous allez!
Ezariel se dégagea brutalement et dévisagea létrange individu. Ses soupçons étaient fondés: lAnge qui était allongé contre larbre... Cétait lui.
-Vous aviez raison, dit Ezariel avec un sourire. Je napprécie pas les Anges. Qui vous envoie?
Il avait attrapé la chemise de « Raïkan » et leurs visage ne se trouvaient qu^un souffle lun de lautre.
-Vous la connaissez, dit lAnge sans sourciller. Elle se nomme Kalina.
Ezariel écarquilla les yeux et descendit de son cheval, la tête en feu. La douleur lui transperçait le crâne au fur et à mesure que les souvenirs,
tous les souvenirs, affluaient. Kalina... Il ne lavait pas vue depuis des années. Il lvait déjà oubliée, et elle voulait le retrouver. Il savait quelle ne prenait jamais les choses à la légère, et si elle cherchait à le protéger, la raison devait être bonne. Il sassit sur une souche, la tête entre les mains, ses yeux grands ouverts plongés vers ses genoux.
-Explique-toi... murmura-t-il.
La voix de lAnge, lointaine, lui répondit:
-Janiriel projette de quitter Aakis. Et Akuma vous cherche lui aussi, mais il est avec Kalina.
-Et Solar, demanda Ezariel dun air fataliste.
-Il est avec Janiriel.
-Cest son apprenti?
-Non, son supérieur.
Le Nécromancien releva la tête, agité.
-
Quoi?-Il a grandi, et vous aussi. Vous êtes devenu Mage de la Mort et lui Paladin...
Ezariel plissa les yeux.
-Où allons-nous?
Raïkan sourit.
-Vous êtes convaincu, à ce que je vois. Eh bien, dans ce cas, en route pour Daïrafélis...
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